Portrait de femme # 6 Lucienne Deguilhem

Du 8 août 2020 au 8 mars 2021, nous vous amenons sur les traces de femmes lot-et-garonnaises qui ont marqué l’histoire de notre Département. Tous les mois, partez à la rencontre de ces femmes résistantes, engagées et citoyennes, de ces femmes inspirantes.

Suite de notre série avec Lucienne DEGUILHEM (1898-1980), ou une vie de dévouement et d’humanité

Publié il y a 1 mois

Lucienne Deguilhem ou une vie de dévouement et d’humanité

Née le 23 mai 1898 à Monbahus elle y décède le 4 septembre 1980. Femme de caractère, Lucienne DEGUILHEM exerce la profession de secrétaire de mairie. Dès le début de la guerre, avec le soutien du maire, elle établit de faux papiers, des cartes alimentaires, elle héberge, elle accueille et plus tard, elle participera au ravitaillement des maquisards. Tous deux refusent d’obéir aux ordres de Vichy visant à recenser les juifs présents dans les communes, ils sont donc révoqués par le régime collaborationniste le 15 juillet 1941.

Avec Joseph Van Der, son futur mari, qu’elle rencontre en 1940, elle cache une vingtaine de familles juives dans sa vaste demeure. Ceux en situation irrégulière sont installés dans le grenier, ceux qui avaient des papiers au rez-de-chaussée ou dans le pigeonnier aménagé. Les enfants sont envoyés dans d’autres propriétés des familles VAN DER et DEGUILHEM, à l’orée de la forêt, dans laquelle ils pouvaient fuir se cacher. Accompagnée de son futur époux, musicien, elle prenait soin de ces enfants et leur transmettait notamment connaissances scolaires et musicales. Monbahus devient alors le lieu stratégique d’un réseau de cachettes, certaines familles vivant ainsi quatre années dans la clandestinité. Son dévouement sauvera des dizaines de familles.

Ce sont ses neveux qui reçoivent à titre posthume ce 27 mai 2014 la reconnaissance par diplôme et médaille de Juste parmi les Nations en son nom. C’est un attribut qu’elle avait refusé de son vivant, estimant modestement n’avoir fait que son devoir.